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mardi 24 mars 2009

Comment j'ai schmucké des schmucks

Si il y existe une chose qui me fait sortir d'un magasin plus rapidement encore qu'un incendie, c'est probablement les vendeurs et leur grands sourires niais qui me demandent pour la deuxième fois si ils peuvent m'aider. Qu'on se le dise, j'ai une sainte horreur des commerciaux en tous genres et je méprise leurs offres exceptionnelles à saisir à tout prix.

Quand une amie de ma coloc m'a proposé de m'embaucher pour vendre sur des marchés de Berlin les Schmuck exotiques qu'elle ramène plus ou moins en fraude de Bali et Cuba j'ai d'abord rigolé, puis je me suis dis que je perdais rien à essayer.

Mes parents m'avaient bien prévenu qu'on a pas l'âme commerciale dans la famille, mais me voilà quand même samedi dernier sur le marché de la Bergmanstr. à Kreuzberg à vendre des bagues en coquillages et des colliers de graines rouges: trop mon truc vous imaginez. Le plan c'était de me laisser seul pendant que la vendeuse officielle et ma coloc allaient déjeuner et de regarder quel CA je pouvais faire en une heure tout seul. Elles avaient parié sur 30 euro. A la surprise générale - moi compris - j'ai atteint les 60 euro en une heure. Pour vous donner une idée la marchande en titre n'avait pas dépassé les 20 euro en quelques heures puisqu'elle avait une des pires place du marché.

Bilan: d'un coté je suis fier de ma performance mais d'un autre coté je dois désormais résoudre un problème existentiel majeur puisque apparemment je suis performant dans un job que je méprise. Je me console en me disant que c'est surement mon accent français qui a fait tout le boulot, mais quand même... J'attends des messages de soutient en masse, vous pouvez également m'envoyer des fleures en cliquant ici.

vendredi 16 janvier 2009

Maréchal, les voilà!

On savait que notre Président aime s'entourer d'hommes besogneux. Suite au mini remaniement ministériel son plus fidèle lieutenant quitte un ministère controversé fraichement moulu pour plusieurs vieux sièges usés de ministères plus classiques. Au travail Brice!

Après la lourde charge du ministère de l'Imigration, de l'Intégration, de l'Identité Nationale et du Développement Solidaire (à vos souhaits) comprenant traques d'immigrés et conférences dans des villes thermales chargées d'histoire, voici notre Brice Hortefeux au ministères du Travail et de la Famille (entre autres). En somme notre juriste, suivant de plus d'une soixantaine d'année un de ses éminents confrères, était à la Patrie, le voilà aujourd'hui au Travail et à la Famille.


Ce n'est pas encore une révolution nationale mais on dirait quand même qu'il souffle comme un vent de nostalgie à l'UMP.

mercredi 17 décembre 2008

Ze end

Après avoir tiré de vous des larmes hier, et m’étant promis de ne pas finir cette série sans évoquer l’ambiance sonore de la cuisine, je vous demande maintenant de fermer les yeux pour mieux suivre la description auditive qui suis.

Chaque aliment disposant de son processus de production standard (le pain doit être grillé, la viande frit ou grillée elle aussi, etc...), un indicateur sonore rappel à notre brave équipier epsilon la fin du processus de cuisson pour éviter que, perdu dans ses tâches, celui-ci ne gaspille plus de nourriture que d'habitude, voir déclenche un incendie. Chaque machine a son bruit propre pour qu’on ne les confonde pas entre elles. En pleine heure de pointe, une armée d’employés utilise toutes ces machines qui s’expriment joyeusement dans une symphonie pas storale.

Pour vous donner une idée remémorez vous les soirées passées devant la série Urgence. En gardant toujours les yeux bien fermés (j’insiste, c’est important) retrouvez dans le fond de votre mémoire les scènes d’opérations catastrophes pour tenter d’extraire un panier de basket de la tête de ce sportif maladroit ou un crayon de la cage thoracique de cette femme infidèle. Vous y êtes? Alors cherchez à faire revenir la bande sonore de la série quelques instants avant ce tragique moment où, malgré tous les efforts de nos héroïques chirurgiens, le patient succombe.

Pour faire court (les quelques téméraires arrivés lire tous mes posts jusqu’au bout savent que je suis un garçon direct et que je sais faire preuve d’esprit de synthèse) vous entendez les bips des machines (cardiogramme, encéphalogramme, kilogramme...) s’ajouter aux consignes gueulés du médecin aux infirmières pas niquées (je sais, ca fait 2 fois la même blague classique dans un seul post, en plus cette fois elle est assez grasse mais que voulez-vous? Avec la crise, le chômage, la bourse, tout ça, tout ça, difficile de grader son humour intact, soyez charitable et en échange je vous promet de finir ce post sans rajouter une seule parenthèse. Deal? Très bien, continuons! On en était là où la victime succombe sur le billard). Si vous disposez d’un système home cinéma, vous arrivez à peu près à vous faire une idée de l’ambiance en multipliant le volume habituel par 3,78. Après ma première journée en cuisine j’ai retrouvé dans la semi-conscience du début de nuit tout ce vacarme de ma journée de besogne. Une de mes collègues, novice elle aussi, m’a avouée entendre ces sons dans ses rêves: un McDodo?

Bon, je vais enfin mettre fin cette série de posts avant de tomber dans une version moderne de Germinal. J’ai râlé sous couvert de blagues, mais finalement c’est pas si terrible le travail chez McDo. Si on est pas aussi tête en l'air que moi il est même possible pour certains d’y être à l’aise, voir même d'entreprendre une brillante carrière chez le roi de la frite. La mienne s’arrêtera ici: je ne souhaite pas prolonger l’expérience. Noël se fera donc en famille et en régions. Si vous êtes déçus et espériez une succes story à l’américaine je vous renvoie vers un article du Point sur le patron français de McDonald’s Iourop’.

dimanche 14 décembre 2008

Venez comme vous êtes

Pour ceux n’ayant jamais participer à la grand aventure McDo, je me fais fort de vous faire partager aujourd’hui en spéciale exclu’ le quotidien d’un Equipier polyvalent chez le champion du fast food.

L’organisation du travail chez McDo suit un format standard d’un resto un autre et est divisé en 3 zones. Sans le savoir, tout le monde connaît déjà le lobby puisque c’est la salle où les clients s’épanouissent en savourant leurs frites. La prod’(uction), dont le doux nom dévoile les soucis gastronomiques de la firme, désigne la cuisine. Enfin, entre les deux il y a les caisses, car toutes ces douceurs se méritent et ne sont évidemment pas gratuites.

Le brave petit équipier fraîchement embauché se retrouve selon les besoins en main d’oeuvre lors de sa première heure de labeur à un poste dans une de ces trois zones. Ce qu’il ne sait pas encore c’est qu’il y restera peut-être des semaines avant qu’un manager bien veillant - ou plus souvent un besoin urgent en bras dans un autre secteur - ne lui permette de se former à une autre tâche. Si sur le moment on a été placé à l’accueil des clients alors tout va pour le mieux. Si par malchance on se retrouve à faire des frites, alors il faudra se faire l’odeur de graillon. Le soir, sous la douche, on se consolera en se disant que les courbatures qui nous meurtrissent les bras nous permettront de développer une musculature si impressionnante qu’un jour, peut-être, à un autre poste - qui sait? - on pourra draguer les clientes allemandes en faisant craquer son uniforme sous des pectoraux dignes de Jean-Claude (Van Damme, qui d’autre?!).

- Isch weiss nicht, ob es gibt ier noch McMuffin Fraülein, bist du in Pari für besuchen?

En attendant, quelque soit le poste de travail il y a partout une bonne ambiance de franche camaraderie; pour être franc ça me rappel mon service militaire. Le bon temps quoi! Dans l’urgence du rush de midi on se bouscule sans antipathie, on se hèle, et on devient pote avec son voisin, alors qu’on ne l’avait encore jamais vu avant de s’installer devant sa friteuse, enfin, même au pire de la précipitation on n’oublie jamais les formules de politesse "desnuggetsbordelsilteplaityenapluscestlacrise!" Il n’y a rien de pire que de manquer de nuggets quand on est UHC du FCN. C’est clair non?

Les managers, c’est leur bouleau, se prennent au sérieux, ils ont souvent des années de McDo derrière eux. Quand on connaît la moyenne d’ancienneté chez la piétaille casquette, ça leur conifère tout de suite le statu de vétéran. Généralement on l’aime bien la vieille garde, sauf peut-être quand, dans un excès de zèle, un d’entre eux se décide à contrôler un plateau repas.

- Dis don’! T’es en pause toi? Il a l’air chargé ton plateau. La moyenne frite là, tu l’as inscrite sur la feuille-repas?!

Les chefs et sous-chefs prennent régulièrement une part active dans les tâches les plus physiques. Voir le directeur prendre la friteuse en main quand des centaines de clients se pressent devant les caisses et qu’on commence à mouiller sa casquette, il faut être honnête, ça impressionne la bleusaille. Ca fait parti de la politique de la maison et c’est vrai que c’est efficace, je me suis même demandé l’autre jour si on donnait des quotas de travail manuel aux directeurs.

Bon, je ne vais pas commencer à vanter la politique salariale de l’entreprise. Je vous rassure, on est payé au SMIC plus quelques centimes symboliques (ouf!). En plus je me fais souvent embêter pour des broutilles.
- Si, si, m’sieur l’ directeur, j’vous jure! J’m’suis rasé y a une heure, mais faut dire qu’ça fait 6 ans que j’lui ai pas changé les dents c’te rasoir électrique.
- Et tu comptes aller chez le coiffeur bientôt?
- Euh... je sais pas... Y faut?
- Juste pour savoir, rassure toi. On n’est pas à l’armée ici!

Venez comme vous êtes qu’ils disaient dans la pub!

vendredi 12 décembre 2008

I’m lovin’ it!

Avant d’étaler mes expériences professionnelles récentes, je commencerai par expliquer les motivations du choix de mes volontés pour la rédaction de l’écriture de la série de post qui va suivre.

Je sais, vous allez me dire: "Arrête Yerri!" (Oui, pour ceux qui ne le savent pas c’est un surnom qu’on me donne dans ma famille) Donc, je reprends, ou plutôt vous reprenez (parce que c’est vous qui parlez en principe): "Arrête Yerri!" disiez vous, et vous continueriez ainsi: "On a tous travaillé à McDo ou chez son concurrent belge, pas la peine de venir nous tenir tes discours de bobos qui découvre le monde du travail pour étudiants fauchés et jeunes de banlieues, nous ça on y connaît!" Alors évidemment que bien sûr que je vous rassure tout de suite, je ne compte pas faire un Mième procès à la firme internationale, c’est d'ailleurs pas mon genre de cracher sur ce symbole de l’impérialisme américain qui fait des profits en engraissant le monde civilisé tout en détruisant la diversité culinaire.

Vous le savez sûrement, je suis un brave étudiant en économie et je sais bien qu'il n'y a pas de honte à faire de l’argent sur les gens puisque ceux-ci restent avant tout des homoeoconomicus. Donc pas de soucis, je ne serai pas le Vychinsky du Fast Food, car si les arbitrages budgétaires des ménages les amènent à convertir leur revenu en BigMac plutôt qu’en fines de claire, je suis convaincu que ça doit faire parti du grand plan prévu par le Marché et mis en place par sa fidèle servante la Main Invisible.

Bien que je sente venir les critiques de mes amis gauchos, je ne jetterai donc pas la pierre dans cette maison de verre. D'abord, pour ne pas faire de mal ce sympathique clown qu’est Ronald, ensuite, parce que je suis en ce moment dans la maison en question. Certes - pour développer cette métaphore curieuse qui est en réalité un clin-d'oeil à qui comprendra ;-) - mon avancement salarial me placerait plutôt dans la cave, mais sait-on jamais, l'amour que j'éprouve pour ma personne m'interdit de finir englouti sous un amas de tessons, fussent-ils symboliques.

Je me suis fixé comme objectif un post par jour pendant une semaine, évidemment je ne respecterai pas cette contrainte idiote.


A suivre.